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 La mort est au bout de ce voyage.

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Eveline Dolover
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 13:28

nd on s’accroche trop au passé, on se condamne à ne pas avoir d’avenir… Chaque personne dans ce camps s’accrochait à un souvenir, souvent un souvenir très futile. In important ; vivre dans le passé ne nous rend pas heureux, cela nous rend nostalgique. A quoi bon s’accrocher à quelque chose qui n’était plus. C’était le futur qui devait plaire. Croire dans un espoir. Oui espérer qu’un jour tout cela se termine, qu’un jour l’être humain pouvait à nouveau marcher au soleil, sans avoir peur qu’une machine lui tombe dessus. Faire les magasins à Paris, flâner dans le jardin botanique de Londres, même assister à une de ces fêtes mondaines et ennuies, Eveline le voulait. Oui, refaire toutes ces choses qui avait fait parti de son univers, une ballade à cheval, s’acheter un chien, choisir des nouveaux bijoux, aller au coiffeur… Des choses banales, du moins cela avait été des choses banales dans les yeux d’Ev’. Mais aujourd'hui, c’était des choses qu’elle n’avait plus fait depuis longtemps et cela lui manquait. Alors vivre dans le passé, et se refermer comme un huitre ? Non merci. Elle voulait croire qu’un jour tout allait redevenir comme avant. Peut-être que dans dix ans, ou vingt ans, mais au moins cela allait arriver.

Cela faisait maintenant deux jours qu’elle était ici. Le premier jour fut le plus terrible. Les tortures, l’adaptation, les inconnus, le froid de la nuit et puis Roman. Oh oui, le premier jour avait été un vrai détour en enfer. Mais ses blessures commençaient doucement à guérir et elle avait réussit à faire le vide dans sa tête. Au fond elle savait, elle était persuader que les résistants allaient tôt ou tard vaincre Ares. Après tout les Allemands avaient été vaincus aussi, et les juifs avaient été libérés. Du moins ceux qui avaient survécus. Et bien oui, le passé allait se répéter. L’histoire allait se répéter. Eveline, assise sur le lit, examinait les autres gens. Dans sa tête, elle avait réussit à faire le vide et lorsqu’elle n’allait pas bien, c’était à des moments de telle lucidité que des histoires lui venaient en tête. Si elle aurait eu du papier, elle se serait surement mise à son deuxième livre. Mais pour le moment elle allait devoir se contenter de tout garder dans sa tête, de ne pas l’oublier pour pouvoir le noter par la suite. Se relevant doucement, fallait qu’elle bouge. Elle avait encore du mal en marchant, mais restant assise ne servait à rien. Fallait qu’elle bouge un peu. Qu’elle utilise sa jambe. Passant près d’une femme et son enfant, aucune lueur d’espoir dans ses yeux, Ev’ finit par s’arrêter. Elle n’avait jamais su digérer la souffrance d’autrui. Il y avait une raison pourquoi elle n’avait jamais voulu partir en vacances dans des pays chauds, cela l’aurait beaucoup trop touché. Même si dans les rues de New York, elle levait son nez vers ceux avec peu d’argent. Voir des enfant souffrir de faim, de faiblesse, était une chose insupportable. S’asseyant doucement près d’eux, elle entame très vite une conversation. Au moins, c’était une qualité qui l’avait toujours été utile. Elle avait toujours eu facile d’entrer en conversation avec quelqu’un. Après avoir réussit à mettre un petit sourire sur le visage de l’enfant, Ev’ se relevait, posant sa main sur l’épaule de la femme, elle murmurait doucement.

« Ne perdez pas espoir. La Résistance va venir. Il leur faut simplement du temps pour mettre leur plan en œuvre. »

Mensonge. Car Eveline ne savait pas les projets de la Résistance. Mais l’espoir fait vivre. Et puis peut-être que c’était la vérité, peut-être que les résistants allaient belle et bien arrivés. Elle n’en savait rien. Continuant sa marche, elle finit par s’arrêter non loin de la porte. Garder par des machines…. Son esprit commençait à chercher un moyen de se sortir d’ici. Stupide, car elle savait bien qu’elle n’y arrivait pas. Mais fallait bien qu’elle fasse quelque chose. Mais son regard fut attiré par Roman, seul dans son coin. Voila un qui n’avait pas du se faire beaucoup d’amis. Soupir et ses pieds se dirigeaient vers lui. Bah oui, elle était trop gentille. S’adossant contre le mur, non loin de lui.

« On t’a déjà dit qu’il faudrait peut-être essayer de surmonter ta fierté et aider les gens qui t’entoure… Que l’être humain n’est plus qu’une poignée. »

Demander à Roman qu’il aide des gens qu’il méprise, ah ! c’était comme attendre que la pluie tombe dans le désert : inutile et décevant. Et puis pourquoi lui faisait-elle la conversation ? Ah parce qu’elle avait marre de voir les gens déprimer et se mettre dans un trou, voulant mourir. C’était pas mourir qu’on devait faire, c’était se battre pour la survie. Elle avait passé presque dix ans dans la Résurrection, les idées de la Résistance étaient dans sa tête et pour l’instant, c’était la Résistance qui faisait qu’elle n’abaissait pas les bras, contrairement à tout ces gens.

« Tu sais, je t’ai tout dit. Tout ce que j’avais sur le cœur. Et ca m’a fait du bien. Peut-être que tu devrais essayer de le faire aussi. Quoi que tu puisses dire, je pense pas que tu peux me faire plus de mal que t’as déjà fait. Alors vas-y, vide ton sac. »

Comparé à ca, c’était pire qu’attendre la pluie dans le désert, c’était souhaiter que des aliens viennent sauver les terriens d’Ares. Complètement inattendu et ridicule d’espérer une telle chose. Mais bon, au moins elle lui aurait dit que si il voulait il pouvait tout lui dire. L’insulter, la blesser, dire qu’elle n’était qu’un contrat, qu’il avait eu d’autre filles pendant leur mariage. Au fond, cela ne pouvait plus la blesser. Il lui avait fait tellement de mal, que son cœur était détruit. Alors un coup de plus n’allait rien faire, son cœur n’existait déjà plus. Du moins, c’est ce qu’elle croyait.
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Roman McLowly
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 13:55

Mais cela ne servait à rien, bien vite il arrêta, les nerfs plus ou moins calmés. Il ne pouvait pas dormir, en avait trop sur la conscience, aussi, il resta dans son coin, immobile, à penser. Ce n'était pas bon de penser comme cela, c'était étouffant, c'était suffoquant, car il ne se rendait pas compte à quel point il s'enfermait, se noyait et se détruisait de l'intérieur, mais ayant toute sa vie était tout seul, n'ayant permis qu'à peu de gens de s'ouvrir, il pensait que ce n'était que normal que d'agir ainsi. Les heures défilèrent et bientôt les machines sonnèrent le gong pour aller travailler. Cela ne servait à rien ce qu'ils faisaient généralement ils défaisaient ce qu'ils avaient fait la veille, pour ensuite recommencer. Les tas de ferrailles avaient bien vite compris que c'était la seule et unique manière que de les tenir fatigués et sans force, sinon il y aurait eu des mutineries, des attentats. Fallait tenir les esprits occupés, sinon ils fomenteraient des coups contre les tas de boulons. Roman fut envoyé aux mines, comme à son habitude, les autres, ils y en avait qui bougeaient des gros cailloux, d'autres qui devaient faire des murs pour les détruire une fois tout fini. Au final, il y avait moins de risque dans les mines, quoi que les coups de grisou arrivaient de temps à autres. Roman s'acharna sur le sol tellement dur qu'il en cassa sa pioche, obligé d'en voler une à coup de poings à un autre imbécile qui dut continuer à creuser à main nue, il ne résista pas un jour et mourut le lendemain, les mains dans de piteux états. Bah, il n'avait donc pas de remords à lui piquer sa pioche, de toutes manières, ici, c'était marche ou crève et il ne voulait pas crever. Enfin, si, mais pas comme ça. Il s'en fichait bien maintenant, il ne tenait plus à rien, tout était mort en lui, Eveline l'avait suffisamment détruit la veille.

Deux soirs plus tard, ils étaient à nouveau parqué comme des bêtes dans le hangar. Epuisé, il avait déjà fait deux sommeils d'une grosse demi-heure, pas plus. Il ne voulait pas dormir encore, car il savait que la nuit serait bien longue s'il faisait déjà son maximum d'heures. Il voulait dormir, plus longtemps, toute la nuit, d'un sommeil réparateur, mais il en était bien incapable, lui l'insomniaque, il s'épuisait plus à tenter de dormir que de travailler. Enfin bref, assis sur sa couchette, les coudes sur les genoux, il ne vit pas arriver Eveline. Aujourd'hui avait été pire que la veille, il avait mal partout, s'était pris la tête avec une machine qui avait fini par l'envoyer contre un pilier ce qui lui massacra le dos. Mais bon, il n'était pas d'humeur donc. Le coup de la fortune voulut que Eveline le trouve ce soir-là. A sa voix, il ne releva pas la tête. Qu'est-ce qu'il s'en foutait des gens. Une poignée, et alors? Il n'était pas nombriliste, mais ces gens-là pouvaient bien crever qu'il ne les aiderait pas. Est-ce que quelqu'un viendrait à son secours, si jamais il avait besoin d'aide? Non, hein. Et bah il n'allait pas en faire de même. Pas question de les aider. Ils n'avaient qu'à être moins geignards, moins chiants. Comme il ne répondait pas, elle reprit de plus belle, lui disant avec une pointe d'acide qu'elle avait tout dit, refourguant le couteau dans la plaie et tournant pour qu'il fasse bien mal. C'était à lui de dire, hein? Et bah, elle n'allait pas être déçu. Toujours le regard acerré planté juste devant lui, par terre, sans bouger le moins du monde, il répondit.


- Je n'ai aucun argument face à ce que tu as dit. Comment pourrait-on penser que je t'aimais après tout ce que j'ai fait. J'ai pas de réponse à te donner, puisque ce que je t'ai fait est inqualifiable. Tu t'ais fait une opinion arrêtée là-dessus, contente-t-en.

Il en avait assez de discuter, il ne voulait pas ressasser les mêmes pensées indéfiniment. Elle lui avait dit qu'elle le détestait, pourquoi venait-elle lui parler maintenant? Qu'elle croit ce qu'elle voulait, il s'en fichait bien maintenant. C'était fini... Fini...
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Eveline Dolover
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 14:56

Bah, c’était vraiment plus facile de le détester que l’aimer. Qu’est-ce qu’elle avait bien pu voir en lui ? Elle se le demandait. Secouant doucement sa tête en entendant sa question. Même pas capable de la regarder eh.

« Eh quoi ? C’est quoi le grand plan ? Attendre que la mort vient te chercher ? Creuser pour ses machines, rampant à leurs pieds comme un vulgaire esclave… T’as bien changé. Moi qui aurait cru que personne aurait réussit à venir à bout de toi, que jamais tu te plierais à l’autorité de qui ce soit à part la tienne… Voila que je me suis bien trompé. »

Elle choisissait avec attention ses paroles. Sachant que même si il se laissait aller, il y avait toujours cette stupide fierté qui l’habitait. Ca elle avait bien pu voir lorsqu’elle lui avait dit toute ces atrocités qui néanmoins avait été la fierté. Il s’était retenu de la frapper, mais ca fut un autre qui en avait reçu les coups. Ce qui prouvait bien que la colère, la rage et cette stupide fierté était toujours vivant. Fallait que la ranimer un peu.

« Et pour te faire la remarque. Je n’a pas besoin de réponse de ta part. Je sais à quoi je dois m’en tenir avec toi. Je sais comment tu es et je sais qui tu es. Si je te propose de me dire ce que tu as sur le cœur, c’est pour toi. Et non pour moi que je dis ca. »

Son regard allait vers les gens. Tout ces gens… chaque jour il y avait des gens qui mourrait et cela lui faisait du mal au cœur. Eveline avait pourtant toujours eu l’habitude de vivre assez retiré du monde, mais vivre dans la Résurrection, dans des dortoirs avec des autres. Elle avait du s’ouvrir aux autres, elle avait écouter leur douleur, mais n’avait rien dit du sien. Et aujourd’hui… et bien aujourd’hui, elle voulait aider. De plus que seule elle savait elle n’allait pas arriver à sortir d’ici. Mais à plusieurs, oui il y avait une chance. Son regard se posait sur Roman. Au fond, elle savait qu’il était fort. Oh, il savait endurer pas mal de choses, contrairement à elle. Si elle voulait s’en sortir, c’était des gens comme lui qu’elle avait besoin. Mais eh, trop fière de demander son aide… et puis nan ! Elle ne s’appelait pas Roman. Contrairement à lui, elle pouvait dire merde à sa fierté. Se laissant glisser au sol, près de lui.

« Ecoute Roman. J’ai pas envie d’être amis, je pense même pas pouvoir être ami avec toi. Toi et moi.. on n’a jamais été des amis. Cela toujours été plus que ca. Mais j’ai pas envie de crever ici comme tout ces gens…. Mais je ne peux pas lutter seule. J’ai besoin de quelqu’un de fort, j’ai besoin de… quelqu’un comme toi. »

Tournant son regard vers lui, elle savait qu’elle ne devait pas espérer un : Oui Ev’ je fais t’aider, et ensemble on va s’en sortir. Roman positif ? Non, c’était pas son style, du moins pas depuis qu’elle l’avait revu. Elle le regardait, attendant un refus, comme d’habitude. Elle ne savait même pas pourquoi elle était venu lui parler. Parce qu’elle était naïve et stupide surement.
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Roman McLowly
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 16:40

- Parce que toi tu n'as pas changée? Ev', j'ai pas envie de parler.

Oh, mais Ev' voulait parler, ELLE! Il n'avait pas la volonté de se lever, d'aller ailleurs, de frapper quelqu'un, non, il voulait simplement qu'on lui foute la paix, pourquoi est-ce qu'elle insistait. C'était elle qui avait dit qu'elle le détestait, c'était elle qui mettait de la distance, alors qu'elle le lache cinq minutes. Non, il n'avait pas envie de parler, non il ne dirait pas ce qu'il avait sur le coeur, il voulait être tranquille, dans son coin, qu'on ne l'emmerde pas et comme ça, il pourrait survivre paisiblement, sans qu'on vienne le faire chier. Mais Eveline, cette fois décida de n'en faire qu'à sa tête. Auvant, elle l'aurait sans doute fait sourire, offrir un réconfort silencieux, cela l'aurait apaisé, cela l'aurait calmé, mais là, c'était bien le contraire, elle parlait, elle piaillait, se fixant sur des choses qui n'étaient même pas vrai. Avant elle voyait plus loin que la façade, avant, il n'avait pas besoin de parler pour qu'elle le comprenne, maintenant, tout n'était qu'inverse. Elle ne regardait que ses poings, que son visage fatigué et voyait un homme mauvais et méchant. Et bien tant mieux, la séparation serait plus vive, plus franche et sèche, c'était ce qu'il voulait, qu'elle trouve ailleurs la joie, qu'elle oublie qui il était et qu'elle soit heureuse avec quelqu'un qui l'aimait au moins autant que lui. Il ne voulait plus la voir triste, il l'avait rendu triste suffisamment de temps pour demander le pardon en la faisant rire. Mais lui, lui ne pouvait pas, alors s'il fallait qu'elle se libère de lui, il le ferait, il ferait n'importe quoi pour Eveline. N'importe quoi. Ses mains étaient jointes et ce fut pensivement qu'il caressa le minuscule tatouage. Il n'emporterait qu'avec lui cette petite part d'Eveline, à jamais gravé en lui, indissociable, elle serait toujours avec lui, où qu'il aille, où qu'il meure. Elle savait qui il était? Elle n'avait pas idée. Elle n'en avait même aucune idée, elle était devenue superficielle et cela l'énervait encore plus. Eveline, Eveline, pourquoi as-tu changé autant... Pourquoi es-tu devenu aussi... laide? Roman ne laissa son regard las quelques secondes sur son ex-femme. La femme-robot avait eu raison, elle n'était plus la sienne, elle n'était rien d'autre qu'une femme comme une autre. Et cette femme avait besoin de lui? Laissez-moi rire... Il baissa le regard, laissa tomber sa tête, frotta son visage de ses mains avant de murmurer dans un long soupir.

- Pendant dix ans, j'avais l'espoir de... et tu l'as détruit.
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 17:18

Changée? Elle avait changée? Elle réfléchissait quelques minutes. Oui, c’est vrai qu’elle avait changé beaucoup. Elle était moins capricieuse qu’avant… Quoi que.. Pas moins que ca. Car ne venait elle pas se fixer l’idée têtue de vouloir sortir d’ici. Importe le prix ? Et ne s’attachait elle pas trop vite aux gens, quit à se faire plaisir et tromper par pas mal de gens. Oh oui, cela n’avait pas changé. Des défauts ne changent pas aussi facilement que ca. Mais c’est vrai qu’elle avait commencer à créer ce petit mur autour d’elle. Pas un très grand et loin d’être difficile à briser, avec plein de trous partout, et des portes. Mais ses paroles, surtout envers Roman, était plus cruelle qu’ils l’auraient été avant le divorce. Mais ca ca ne fut pas Era qui avait changé ca. Si le monde n’aurait pas changé, elle lui aurait quand même dit ces paroles.

« T’as jamais eu envie de parler Roman. Avant c’était facile. Un signe de tête, un regard et j’arrivais à savoir si je devais m’enfuir de toi ou si je pouvais me permettre de venir dans tes bras. Mais ici, maintenant, j’ai plus envie de jouer à tout ca. Tu m’as détruit et le fait que tu n’as même pas essayé que je reste… Car oh oui, je serais resté, idiote et amoureuse que j’étais, je serais resté près de toi, si tu me l’aurais demandé. Mais tu vois… même là, ta fierté a su te contrôler… Et voila ou ca t’amènes… Seul et détruit. Plus qu’une lueur de ce que tu étais et de l’homme dont je suis tombée amoureuse. »

Elle était cruelle ? Peut-être oui. Mais fallait bien qu’il ouvre les yeux. Et puis en même temps quelque part, ca lui faisait du bien de lui dire tout ca, de toute manière peu de choses qu’elle pouvait lui dire allait le toucher, elle en était sure. A moins que pour la première fois de sa vie, il se réalise qu’il n’avait pas tout perdu, mais qu’il était simplement tout entrain de perdre. Lui, elle, eux, ses souvenirs, sa fierté, son âme… . Eveline avait détruit quoi. Elle le regardait un long moment, un petit rire lui échappait. Que pouvait-il être stupide.

« Tu n’as jamais réussit à voir claire dans mes jeux… Que ce soit le premier jour de notre rencontre avec ma gouvernante ou encore maintenant… T’arrives pas à voir clair en moi… T’arrives vraiment pas à voir que c’est la même façade que je montrais chaque fois que je voyais mes parents, même sourires et mêmes remarques impitoyables…. Je n’ai pas changée, Roman. Mais je ne compte pas montrer la douce Ev’ que t’as connu. Elle ne survivrait pas la même histoire une deuxième fois. »

Cruelle, elle l’avait été dans le passé. Mais avec ses parents, surtout avec sa mère, à qui elle n’hésitait pas à faire tout les reproches du monde. Comme elle était entrain de faire avec Roman. Mais il n’avait donc pas vu que ce n’était qu’une façade, que de la comédie pour se protéger. Ah Roman… T’aurais du faire plus attention à Eveline. Elle se relevait. Ca ne servait à rien. Il n’était plus qui il était. Elle ne devait rien attendre de lui. Rien, pas de protection, pas de paroles, pas de réconfort, pas de l’aide. Rien du tout. Il ne deviendrait jamais celui qu’elle voulait, celui qu’elle pensait aimer.
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 18:01

Elle relança le débat, Roman redressa la tête, mais la douleur dans sa nuque était telle qu'il ne put la relever que de quelques centimètres. Il prit conscience d'une chose. Oui, oui, il fallait qu'il crache tout, qu'il lui mente, qu'elle se rende compte qu'il était cruel, qu'elle ne vienne plus le voir. Oui, oui, oui, oui, c'était ça qu'il fallait qu'il fasse. D'accord, elle allait en souffrir, du moins peut-être, il ne savait pas trop, il espérait qu'elle ne souffrirait pas, mais au moins, cela sera terminer, elle pourrait vivre enfin ça vie. Sans lui. Sans Roman. L'idée lui vrilla le coeur, le tortura, une douleur terrible s'empara de lui et déforma un peu ses traits. Il prit une grande inspiration et soudainement la fixant, la rage bouillonnant dans ses iris, il avait de nouveau le visage du requin qu'il pouvait être lorsque l'on parlait argent.

- Tu veux donc entendre ce que je pense? Je t'ai épousé uniquement pour le contrat, tu n'étais qu'un plus avec l'argent de ton père. Je ne t'ai jamais aimé, je te battais pour mon bon plaisir, je n'ai jamais voulu arrêter l'alcool pour toi. Là est ta preuve non, que je ne t'aimais pas? Tu n'as jamais su lire mes non-dits et je n'ai jamais réussi à lire les tiens. Comme quoi, nous n'étions pas fait pour vivre ensemble. Trop gamine, trop capricieuse, trop écervelée, voilà ce que tu étais pour moi. J'ai cherché à me séparer de toi en te collant des baffes, mais sotte comme tu étais tu as tenu le coup. Quand les papiers sont arrivés, ça a été un moment de pur bonheur, enfin j'allais être loin de toi, enfin j'allais vivre ma vie comme je l'entendais, sans une gamine à mes basques. Alors oui, j'ai signé tout de suite, comme ça, pas de remords, pas d'hésitation. Je n'ai jamais fait un seul effort dans ta direction, je n'ai jamais cherché à apprendre sur toi, de toi. Tu m'as autant détruit que je n'ai cherché à te détruire. C'est ça que tu voulais entendre? C'est ça qui va te faire aller mieux? C'est ça qui devrait soulager ma conscience? Parler est pathétique.

Allez, qu'elle le baffe, il n'attendait que cela. Qu'elle le trucide de son regard, qu'elle s'en aille en silence. Il était prêt à accepter cela. Pour une fois, il ne laisserait pas sa fierté l'emporter. Allez, il n'attendait comme adieu que sa main sur son visage, que son regard haineux dans le sien. Il était prêt à subir cela. Il attendait. C'était mieux ainsi. Qu'elle croit ce qu'il lui disait et ils seront en paix, chacun de leur côté, pour ne plus jamais se recroiser. C'était mieux ainsi. Dire qu'il l'aimait était impossible, pas après ce qu'il lui avait fait, alors autant dire qu'il ne l'avait jamais aimé, de toutes manières, elle ne le saura jamais, elle s'était arrêté d'elle-même sur cette idée, alors qu'elle garde cela en elle et qu'elle entende ce qu'elle voulait entendre.
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 18:43

Il y a des êtres qui n’arrivent pas à gérer la vérité, qui ne l’acceptent tout bonnement pas, puis il y a certains qui ont besoin de temps pour accepter la cruelle vérité que la vie nous offre. Eveline est un mixte de ces deux groupes. Elle avait besoin du temps pour effacer les douleurs que la vérité lui ont causés, mais dans un premier temps… la vérité causait des dommages presque inversibles dans sa tête et dans son cœur. Si elle avait cru qu’il n’aurait pas pu la détruire plus qu’elle l’avait déjà fait. Elle s’était trompé. Oh oui, comme si souvent elle s’était trompé… Le mal peut toujours nous atteindre, importe ce qu’on fait pour le résister. Son visage se durcit mais ses yeux ne pouvaient pas dissimuler les larmes, bien qu’elle les empêchait de couler. Bon sang et elle qui croyait qu’il ne pouvait pas la détruire plus…Et le pire dans tout ca, était qu’il n’y avait qu’un seul sentiment qui submergeait, qui dominait tout les autres. La douleur. C’était comme ci elle se déchirait en deux. Détournant son regard vers le mur, elle ne pouvait plus le regarder. Elle aurait voulu que la haine prit possession d’elle, mais cela ne fut pas le cas. La douleur fut trop immense, plus que d’habitude, plus qu’elle avait senti au paravent. Les yeux de Roman n’avaient fait que la foudroyer du regard. Regard qu’elle connaissait mais au quel elle n’avait jamais eu droit, c’était un regard pour les serviteurs, pas pour elle… Savoir que ces craintes avaient été vrai, qu’elle avait vu juste. Elle sentit son souffle se couper, et fit quelques pas en arrière, comme si il venait de la gifler, pourtant il n’avait bouger pas d’un pouce. Elle trébuchait en arrière, mais le mur fut son sauveur. Se tenant au mur, alors que sa respiration s’accélérait, elle fermait les yeux.

Se contrôler, contrôler son chagrin, sa douleur… Mais c’était impossible. C’était comme ci on venait de tirer son cœur en mille morceaux. Penser qu’il ne la jamais aimé et savoir qu’il ne l’a jamais aimé… étaient deux choses très différentes. La première était douloureux, mais la deuxième était déchirante. Eveline ne pouvait plus le regarder, non elle n’avait pas de force de le regarder. Crispant ses mains sur le mur, elle voulait que cette douleur s’arrête. C’était insupportable… Même le temps n’allait pas savoir les guérir. Sa tête se penchait en arrière, se cognant brutalement contre la pierre du mur, mais elle ne sentit même pas cette douleur crânien. C’est bizarre comme on n’apprend jamais à chuter. Quand on croit se tenir droit debout, on est en réalité à genoux par terre. Eveline ne s’était même pas rendu compte que ses jambes l’avaient lâchés. Qu’elle se trouvait à quatre pattes au sol.

« Je croyais…que toi et moi… résisterions à l’épreuve du temps. »

C’était un murmure et ce n’était même pas adressé à Roman, c’était plus adressé à elle-même. Sa voix faisait mal, les larmes qui lui coulaient au long de son visage lui brulaient le visage.

« Comme quand on s’en tire avec le crime parfait… mais nous étions juste une légende dans mon esprit… je suppose que j’étais aveugle. »

Aveugle oui… elle avait toujours été aveugle. En se penchant ainsi sur le sol, la chaine était ressorti de son T-shirt. L’alliance brillait dans la lumière. Dans un geste sec, elle s’arrachait la chaine de son cou. Cela laissait des marques rouges, mais elle ne le sentit pas. Posant lourdement sa tête contre le sol, elle observait un court instant l’alliance… Stupide Eveline… Stupide naïve fille.. sotte… oui. Jetant l’alliance dans un coin de la pièce. Elle ne sut que faire pour faire partir la douleur. Voyant le monde à l’envers, malgré la douleur et les larmes, son regard s’arrêtait sur les machines. La douleur… Si la vie ne pouvait que lui offrir ce genre de douleur.. Oh elle espérait qu’il n’y avait pas de vie après la mort. Car elle pensait pouvoir passer à autre chose, mais là, la douleur était trop vive. Son âme était déchirée, son cœur n’y était plus. Se relevant, trébuchant au début, elle finit par s’approcher des machines. Aveuglé par la douleur dans son âme, elle était parti en mode suicidaire. Ce n’est pas sage d’avoir besoin de quelqu’un, autant qu’elle dépendait de lui… C’était pire qu’un chagrin d’amour, c’était son âme qui s’était déchiré. Et comment est-ce qu’on guérit ca ? On ne le guérit pas….

Toutes les têtes s’étaient attardés sur elle, lorsqu’elle venait de mettre la machine à terre. Merci les amis résistants, au moins les années d’entrainements auraient servi à quelque chose. A mourir dignement. L’autre machine la frappait… mais elle riait. Elle souffrait tellement qu’il aurait pu lui tirer droit une balle dans le cœur, elle ne le sentirait même pas. La machine la frappait, mais elle était déjà à terre, son cœur était déjà plus là. Il lui ordonnait de rester à terre, d’obéir. Mais non, Ev’ se relevait. Goutant son propre sang dans sa bouche, cela ne lui fit rien. La douleur dans son âme était bien trop puissant, elle ne voyait plus claire, y avait que la douleur qui la contrôlais. Et elle voulait faire taire cette douleur… et il y avait qu’un seul moyen de faire ca… Mourir.. Oui, arrêter de respirer, car même ca lui faisait mal. Ah mais c’était peut-être parce que la machine lui donnait un coup violent dans les côtés.. Ah non, cela avait déjà fait mal avant. Crachant du sang, personne osait intervenir. Mais c’était tant mieux, car elle voulait que recevoir un coup fatale. Et ne plus rien sentir.

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Roman McLowly
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 19:48

Qu'elle vive oui, mais qu'elle meure, non. Pas question de la laisser se faire défoncer la figure par les machines. Quelques minutes auparavant, il lui avait tout dit, tout l'exact inverse de ce qu'il pensait véritablement. Oh que oui il l'avait aimé, il l'avait aimé plus que tout, il l'aimait toujours plus que tout, mais il n'avait pas le droit de le lui dire, il n'avait pas le droit de l'aimer, pas après ce qu'il avait fait. Il voulait qu'elle soit heureuse maintenant, loin de lui, qu'elle fasse sa vie avec un nouvel homme, un qu'elle aimera, un dont elle sera sûre de ne pas recevoir des coups de lui. Ca allait faire mal, il le reconnaissait, mais au moins ce n'était qu'une page à tourner.

Il s'attendait à une baffe, même pour lui remettre les idées en place, c'était ce que SON Eveline aurait fait, mais non, il eut le droit à des pleurs. Pourquoi pleurait-elle? C'était bien ce qu'elle voulait non? Persuadée comme elle était qu'il ne l'aime pas, le lui dire aurait du la foutre en colère, lui faire comprendre, la faire hausser les épaules et détourner les talons. Mais non, ce furent des larmes d'horrible douleurs qui traversèrent son visage. Rien qu'à les voir, il en avait mal, mal à son coeur, mal dans son âme. Il ne voulait pas dire ces mots-là, mais il ne pouvait plus s'arrêter, voilà, tout était dit, qu'elle s'en aille maintenant.

Résister? Il avait résisté, elle non. Il l'avait aimé, plus que de raison pendant dix longues années, mais pas elle, elle le détestait. Elle l'avait aimé, oui, ça il le savait, il avait pu le lire dans ses sourires alors qu'ils partageaient des nuits de rêves, mais après les mots qu'elle avait eu il y avait quelques jours, il avait bien compris que ce n'était plus le cas. Elle le détestait, lui, l'homme. Cela avait été la goutte qui fait déborder le vase. Il avait des limites, il pouvait encaisser énormément, surtout provenant d'Eveline, après tout ce qu'il lui avait fait, c'était normal qu'elle se venge, il comprenait, il était prêt à se plier face à elle, mais là, là cela avait été de trop. Résister... Jusqu'à ce qu'il y avait quelques jours, jusqu'à ce qu'elle lui dise qu'elle savait qu'il ne l'aimait pas, il l'avait aimé. Et tout était parti en miette, dispersé aux quatre vents. Parti en fumée... C'était fini...

Vas-y Eveline, arrête de parler, vas-t-en, il en avait si mal en son fort intérieur, qu'il ne pourrait pas plus longtemps faire semblant de ne rien ressentir. Une douleur incommensurable fusilla ses tempes, son thorax, sa respiration, tout le brûlait. Il voulait hurler que non, il n'avait dit que des conneries, mais devant tout ces gens, il ne pouvait pas, devant l'idée de la voir heureuse, avec un autre homme certes, mais heureuse, il ne pouvait pas. Il devait prendre sur lui et faire comme si de rien était. Un bruit métallique attira son attention, si bien qu'il ne vit pas Eveline prendre la direction du suicide. Il se leva, comme mu par une force supernaturel et se dirigea, sans qu'il ne le veuille vers la source de ce bruit. Cela brillait. Cela l'attirait. Quand il se baissa pour ramasser la chose, il la reconnu immédiatement. Il avait eu la même. Il avait jeté dans un coin de cette foutue pièce de ce foutue château la sienne. Il était persuadé qu'elle s'y trouvait encore, ramassé par une servante qui faisaient correctement son devoir. Malgré Era, peut-être qu'elle y était toujours. Cette chose ramassée, c'était l'alliance qu'il avait passé au doigt de la jeune femme, un matin d'hiver, alors qu'elle portait une robe d'ange.

Une lance imaginaire l'empala subitement, pétrifiant son corps, le forçant à crier sous la douleur. Ses traits se contractèrent et il tomba à genou, lui aussi, au sol. Comment une toute petite et minuscule petite chose pouvait le blesser autant. Se prenant la tête entre les mains, il n'entendit pas le rire d'Eveline face aux machines, les coups portés sur son squelette humain, ni les articulations des tas de boulons. Il serra la bague dans son poing à un tel point que les jointures devinrent blanches, qu'un filet de sang coula. Que fallait-il faire, bordel pour que cette douleur s'arrête? Il réalisa soudainement où il se trouvait, ce qu'il était en train de faire et surtout ce qui était en train de se passer de l'autre côté du hangar.

Son sang ne fit qu'un tour, il se redressa de tout son long, sauta sur ses pieds, ou presque et traversa la salle en courant, il en profita pour envoyer une ou deux personnes qui le gênait, dans le décor et arriva sur la scène que tout le monde regardait bêtement sans rien faire. Eveline était désormais à terre, en train de se faire massacrer, Roman courrut jusqu'à elles, attrapa une barre de fer qui avait servi la machine mise à terre par sa femme et la planta dans l'un des tibia de la machine, il en profita pour ramasser et trainer Eveline sur plusieurs mètres et leva une main en signe d'apaisement. Il ne voulait pas se bagarrer, il voulait juste retourner à sa couchette. La machine se débarassa de la barre de fer et s'attaqua à l'homme. Roman avait suffisamment reculé pour mettre Eveline en sécurité au milieu du paquet d'humain, du coup, la machine prit pour cible l'homme et non la femme.

Quand les humains retournèrent à leur occupation de prisonniers qui ne savent pas quoi faire, Roman était cassé de partout, en train d'agoniser ou presque au sol. Eveline avait été conduite dans sa couchette et l'homme, qui de toutes manières avait refusé la moindre aide resta seul sur le sol froid. Il fallut bien une dizaine de minutes avant qu'il ne trouve un semblant de force pour se relever, aller à sa banquette et s'y laisser tomber, le visage en sang, les membres en miettes. Au moins, il n'aurait pas de problème pour s'endormir, il ne pouvait faire que ça. Fermant les yeux, son poing se ferma autour de l'anneau jeté par Eveline, celui-là même qui portait une trace indélibile de son prénom.
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 20:36

Scellée avec des mensonges à travers tellement de larmes, perdue de l’intérieure, pourchassant la fin. Pourquoi se battait elle encore ? Pour avoir la chance qu’on lui mente encore ? Non plus de ca. Assez, elle en avait assez. Toute ces souvenirs, les pires et les meilleures n’avaient qu’été des mensonges. C’était de trop. Hanté par une petite voix au fond de son âme, elle encaissait chaque coup, se relevant pourtant toujours, malgré qu’elle commençait à plus contrôler ses mouvements, que sa force commençait à l’abandonner. * Tu ne seras jamais assez fort, il ne t’a jamais aimé, tu n’étais qu’un projet… tes parents, Roman… Tu n’a jamais rien signifier à part un moyen d’obtenir de l’argent et de la puissance.* Elle voulait se relever, mais ses bras n’avaient plus de force. Tout à coup, quelqu’un la tirait de là. Quoi ? Qui avait osé ? Mais elle ne voyait plus que des brides et très vite elle sombrait.

Elle sombrait dans la noirceur…. Eveline se regardait dans un miroir… oui, il y avait un miroir dans son rêve. Elle se voyait de l’autre côté. Son âme se trouvait de l’autre côté du miroir. Subitement le miroir se brisait, levant les bras pour se protéger, elle ne fut pas touché. Descendant doucement ses bras, elle se regardait dans les morceaux du miroir. Elle voulait les recoller, se recoller, mais en touchant un morceau elle commençait à saigner. Tout cela semblait si irréelle, elle regardait son sang couler. Pourquoi ca ne lui faisait rien ? Pourquoi ca ne faisait pas mal ? Quand on saigne ca doit faire mal non ? Le regard d’Ev’ s’attardait sur le miroir brisé, son reflet avait laissé place pour celle de Roman… La douleur lui revenait subitement et dans un cri Eveline se réveillait. Ou est-ce qu’elle était, son regard se tournait à gauche à droite…Se réalisant ou elle était, elle murmurait, voulant se débattre de l’emprise de ceux qui voulaient la soigner, mais son corps refusait de lui obéir. Pourtant elle n’avait pas mal, pas physiquement. Intérieurement elle demandait de la morphine, qu’on tue son corps, qu’on lui endort, qu’elle ne sent plus rien. Qu’elle oublie ce cauchemar.

« Nooon… Lachez-moi… je veux mourir… Laissez-moi.»

La femme qui essayait de la soigner, devait surement se dire qu’elle était entrain de dire n’importe quoi. Mais ce n’était pas vrai. Elle voulait mourir. C’était la meilleure manière de faire partir cette douleur. Rien au monde pouvait effacer ou simplement apaiser cette douleur. Mais très vite, Eveline tombait dans l’inconscience à nouveau. Son corps se battait pour survivre, mais son cœur n’y était pas, son envie de vivre n’y était plus. Cette fois-ci elle ne rêvait pas… elle se revoyait à un dîner de noël avec Roman. Elle examinait son mari… Comment avait-il pu lui mentir… Retenant sa respiration pendant que cette vie commence à faire sentir son poids, elle se cache derrière un sourire pendant que le dîner se déroule en politesse, avec des sourires complices de Roman. Seigneur… pourquoi est-ce qu’on lui avait menti… Comment avait-il pu faire ca ? Prétendre l’aimer alors qu’il ne s’agissait qu’un jeu pour lui… Très vite, Eveline ne fit plus la différence entre rêve et réalité. Se réveillant quelques secondes pour ensuite retomber dans l’inconscience. Délirant, en fièvre, elle ne voulait plus se battre, malgré tout les efforts que son corps essayait de faire. Elle était devenue si lassée de ce mensonge dans lequel elle avait sembler vivre si longtemps.

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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 21:26

Ce fut quelqu'un qui le tira de son sommeil. Bordel, pour une fois qu'il parvenait à dormir, pour une fois qu'il avait un peu de repos. On venait le réveiller, en lui poussant l'épaule, déjà endolorie. Bon sang qu'est-ce qu'on voulait maintenant? Roman se redressa subitement, faillit décrocher la machoire de celui qui l'importunait d'un coup de poing, avant de se rendre compte qu'il tenait toujours la bague d'Eveline dans ce même poing fermé. Non, non, il ne l'ouvrirait pas, pour ne pas la perdre, pour rester toujours avec lui, c'était comme s'il voulait incruster l'objet dans sa peau. Il ne donna qu'un regard de tueur à l'homme qui lui dit que la fille était mal barrée et que s'il voulait la sauver plus que la trainer par terre, fallait faire quelque chose. Bon sang, Eveline...

Roman se leva de sa couchette, la terre tanguait sous ses pieds, mais après quelques secondes d'immobilité, il retrouva son équilibre. Il ramassa un torchon s'essuya le visage et se passa un coup d'eau qu'il avait dans une gamelle pour se réveiller. Courbaturé de partout, il était en miette, son corps tenait, il ne savait comment, mais il semblait qu'à l'intérieur, ce n'était que du verre et qu'il était tout cassé. Il ouvrit doucement le poing. Il avait serré l'objet tellement fort que le desserrer était douloureux. L'anneau brillait froidement, comme s'il ne voulait plus rendre la lumière des néons au dessus de leur tête. Il l'essuya sur sa manche, retirant le sang séché qu'il y avait dessus. L'or reprit sa belle couleur brillante. Il soupira et machinalement, avant même qu'il s'en rende compte, il se dirigea vers la couchette d'Eveline.

Il la trouva rapidement, une femme à son chevet, tentant de lui poser un linge plus ou moins propre, plus ou moins mouillé sur le front. Fiévreuse, Eveline gigotait, ouvrant les yeux de temps à autre. Il la congédia comme un simple valet de chambre, il n'avait pas envie de parler de tout cela avec quelqu'un qu'il ne connaissait pas. Il attrapa une couverture sur une autre couchette et enroula la jeune femme, qu'elle le veuille ou non dedans. Si elle était fiévreuse, mieux valait qu'elle garde sa chaleur. Pourquoi faisait-il cela, hein? Il n'arrêtait pas d'avoir des hauts et des bas avec elle. Tout à l'heure c'était "vas je ne t'aime pas", et à d'autres moments c'était "reste, j'ai besoin de toi". Là comme ça, il la regarda, puis sans le savoir, il la serrait doucement dans ses bras, à moitié couché, à moitié assis dans le lit de fortune de la jeune femme. Entre le fait d'être debout, et là maintenant, allongé dans ses bras, il ne savait pas ce qu'il s'était passé. Il enfoui sa tête dans les cheveux d'Eveline.


- Pardonne-moi, pardonne-moi pour tout ce que je t'ai fait, pour tout ce que j'ai pu te dire. Je n'ai jamais voulu te mentir, Ev'. Je ferais n'importe quoi pour toi. S'il te plait, s'il te plait, bats-toi encore un peu...
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 22:03

Rêve ou réalité… la douleur fut la même. Cela ne s’arrêtait pas et elle ne voulait que mourir. Pourquoi est-ce que son corps résistait encore ? Mourir !! Son cerveau ordonnait de se laisser aller, de ne plus se battre. Elle en avait assez. Tout n’avait qu’été mensonges. Et alors que la douleur commençait doucement à s’en aller, elle avait l’impression de flotter, tout à coup cette voix la fit tomber lourdement et la douleur revenait telle qu’une flèche. Les yeux fermés, son corps se crispait.

« nein…ich will nicht… »

Non, elle ne voulait pas se battre, elle ne voulait pas revenir à une vie de douleur, de mensonge et de cœur brisées. Elle avait été une sotte, une idiote, un écervelé, n’est-ce pas ainsi qu’il l’avait appelé… Non elle ne voulait plus être là. La vie n’était que douleur, plus de raison de vivre. Aucune. A quoi bon se battre si l’envie de vivre n’y était plus ? Dans une seconde de triste vérité, elle avait tout perdu. Si au moins il lui aurait dit qu’il l’avait aimé, mais qu’il ne l’aimait plus ou qu’il avait une autre… Elle aurait tout su accepté…. Tout sauf la vérité… Qu’il ne l’avait jamais aimé, que leurs moments ensemble n’avait rien signifier, qu’il n’avait fait que l’utiliser. Quelques mots résonnaient dans la tête d’Ev’… ferais tout pour toi… Ah, même encore là il lui mentait. Lorsqu’elle était entrain de mourir il lui mentait encore… Secouant la tête, néanmoins elle ne trouvait pas la force d’ouvrir ses yeux.

« Du liegst…. »

Tu mens… oui, encore et encore il ne faisait que mentir. A croire qu’il aimait la tourmenter, la faire tourner en bourrique. Et bien non, pour une fois le message était bien passé, pas d’espoir, ni de contes de fée idiotes dans sa tête. La vie n’était que brutalité et douleur. Son corps semblait néanmoins en désaccord avec son cerveau et son cœur. Ah la survie… Toujours à vous mettre des bâtons dans les roues. Néanmoins la voix de Roman avait réussit à troubler son esprit, à l’envoyer au premier jour, leur premier jour d’homme et de femme. Le merci de Roman lui déchirait le cœur, lorsqu’elle se réalisait qu’il n’avait fait que de l’utiliser. Un sanglot échappait de ses lèvres et ses yeux s’ouvraient brutalement. Nonn.. pourquoi est-ce qu’elle n’était pas encore morte… pourquoi ca durait si longtemps pour mourir…. Mais très vite elle se rendait compte de la chaleur de quelqu’un près d’elle… Roman… Elle voulait le repousser mais n’avait pas la force demandé. Qu’est-ce qu’il faisait là ? Que voulait-il ? Encore lui faire plus de mal ? La tuer peut-être de ses propres mains ? Bien que son front était chaud comme de la braise, Eveline avait l’impression d’être au pool nord.

« Bitte.. töte mich.. »

Oui, elle le suppliait de la tuer. Si il ferait vraiment tout pour elle, alors qu’il lui montre un peu de compassion et qu’il la tue ou du moins qu’il la laisse partir. Elle ne voulait pas se battre, elle voulait que cette douleur se termine. Et si il ne l’avait jamais aimé, ca ne serait pas si difficile pour lui de mettre fin à la fin de cette femme que selon ses propos il a trouvé irritant et qu’il a enfin été heureux que lorsque les papiers de divorce étaient arrivés… . Elle n’avait même plus envie de parler dans aucune autre langue à part la sienne. La seule langue qui ne lui parvenait pas comme des paroles de traitre… Tout ce qui pouvait lui faire repenser à lui, non ca faisait mal, c’était mortel, ainsi elle n’allait plus peter aucun mot en anglais ni dans une autre langue à part la sienne. De toute manière, elle n’allait plus parler longtemps.
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Roman McLowly
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 22:18

Il la serrait délicatement, comme on sert une petite poupée fragile, il ne voulait pas lui faire de mal, mais il se savait pataud quand on en venait à cela. Il n'avait jamais été un homme très doux, il le savait bien, la preuve, il l'avait frappé. Et tout cela pour quoi? Pour une grosse boulette qu'était l'alcoolisme. Mais qu'il était con, tout de même. Rah, mais tout ça c'était passé, il ne fallait pas s'y attarder, il en avait assez. Ok, il l'avait fait, il avait été cruel, méchant, horrible, mais quoi qu'il puisse faire maintenant, même si elle lui pardonnait, c'était fait voilà. Il ne fallait pas qu'il s'attarde sur cela, il fallait qu'il l'aide, comme il avait toujours voulu l'aider. Elle prononça un mot en allemand, à peine audible pour lui qui était si près. Elle ne voulait pas se battre? Roman serra un peu plus, comme refusant de la laisser partir, sa tête fini par heurter le carrefour entre l'épaule et le cou de sa chère et tendre. Elle était brûlante, il sentait ses tremblements, il sentait jusqu'à des spasmes traverser le corps malade et épuisé de sa femme. Puis d'autres mots fusèrent, tu mens? Lui, mentir? Oui, il avait menti. Oui, tout à l'heure, pour dire qu'il ne l'avait jamais aimé, là oui, il avait menti. Mais sinon, non, il ne lui avait jamais menti, il n'avait jamais eu la force et le courage de lui dire les trois mots qu'elle voulait entendre. Puis encore d'autres paroles en allemand, à croire qu'elle refusait de parler dans sa langue à lui, à vrai dire elle avait raison. Tue-moi? Non, tout mais pas ça. Il ferait n'importe quoi pour elle, se donner la mort, lui, oui, mais la tuer elle, ça non, jamais. Il retira sa tête de là et parla dans la seule langue qu'il connaissait et qu'elle pourrait entendre, prenant son visage entre les mains, il l'embrassa, d'un baiser désespéré, par qui il espérait offrir un peu de force, un peu de chaleur...
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Mer 9 Fév - 23:38

Pour une fois elle ne se trouvait plus dans un de ses souvenirs. Non elle se trouvait dans une grande vallée, plein de fleurs. La douleur semblait s’effacer, marchant doucement, Eveline arrivait jusqu’à bord d’une falaise, la mer frappait à plein fouet les rochers. Elle glissait, non elle se laissait tomber. C’est plus la force de gravité qui la maintenait au sol, c’était lui… Au moment elle venait de sauter, la main de Roman l’avait rattrapé, il la forçait à ne pas partir, à la faire revenir. Elle sentit tout à coup de la chaleur, elle sentit son corps, ses lèvres, un peu de chaleur qui chassait le froid de son corps. Ouvrant à nouveau ses yeux, elle regardait Roman. Il avait déposé ses lèvres sur les siennes. Pourquoi lui faire un tel supplice. Il ne l’aimait pas… mais pourquoi l’embrasser ? Trop fatigué de répondre à son baiser, elle se contenta de fermer les yeux. Et de profiter de sa chaleur, de sentir son corps contre le sien. Elle avait eu tellement envie de lui dire que cette souffrance est insupportable, elle voulait également lui demander pourquoi il faisait ca. Pourquoi il était si tendre avec elle tout à coup. Mais elle était fatigué, si fatigué. Elle somnolait doucement, se réveillant de temps en temps avant de s’endormir pour quelques heures avant de se réveiller.

Eveline avait l’impression d’être vide à l’intérieur, comme ci elle s’était endormie en pleurant. Secoué cela durait quelques secondes avant de se rendre compte ou elle se trouvait et ce qui venait de se passer. Roman était toujours à côté d’elle, Elle le regardait. Son cerveau refusait de capter la raison de sa venue. Qu’est-ce qu’il faisait ici ? Pourquoi ? Elle ne comprenait pas ce qu’il voulait. Elle le savait cruel… mais si cruel que ca. Ah au fond elle ne le connaissait pas. Elle pensait le connaître, mais au fond tout avait été que des mensonges… Ah rien que ce mot, son cœur souffrait et elle détournait son visage du sien. Troublée et remplit de douleur, elle était dans l’incapacité de réfléchir comme il se le devait. Mais se sachant en vie, avec cette douleur dans son corps qui lui brulait, chaque respiration lui fit du mal. Sa tête allait inconsciemment vers les machines, le seul moyen d’échapper à cette douleur…. Elle devait se relever, malgré que son corps n’était pas d’accord avec elle.
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Jeu 10 Fév - 17:11

Pourquoi est-ce qu'il l'avait embrassée? N'avait-il pas cherché à la repousser les deux fois où leurs lèvres s'étaient rencontrées dans les cachots après dix ans de séparation? Et là, bêtement, c'était lui qui allait chercher ce baiser. Mais le souvenir d'Eveline, la sienne, celle qu'il aimait plus fort que tout était oppressant. Elle était si proche de lui et en même temps si loin. Encore une fois, il lui avait fait mal, plus mal que ne l'aurait fait ses gifles, ses coups. Pourquoi est-ce qu'il lui faisait mal comme ça? Pourquoi on ne faisait du mal qu'aux gens qu'on aimait? Il était un imbécile, il aurait dû mourir il y avait dix ans de cela.

Exténué, quand les machines vinrent le chercher pour aller aux mines, il ne put pas et elles durent le ressentir dans leurs programmes informatiques, qu'il ne tiendrait pas une journée de plus, donc il le laissèrent dans la couchette avec Eveline, cette dernière étant bien plus mal en point qu'il ne l'était. Cela lui permis d'avoir un peu de repos, bien qu'il aurait préféré médire plus loin, penser avec sa femme dans les bras n'était pas bon pour son moral à lui, mais tant pis, il resta. Il finit même par s'endormir, alignant une ou deux heures d'affilée, pour la première fois depuis bien longtemps. Dormir aussi profondément le soulagea un peu, de tout ses maux. Il savait que bientôt les machines viendraient le rechercher pour aller creuser dans les mines, alors il devait en profiter. Sans oser réveiller Eveline, il resta sans bouger, à ses côtés, le visage enfoui dans ses cheveux.

Pendant de longues heures, alors que la jeune femme errait entre l'inconscience et la réalité, il jouait avec l'anneau qu'elle avait jeté, se souvenant comme si c'était hier de sa robe d'ange, de son sourire, de leur baiser pour sceller ce mariage et naturellement, ses pensées revinrent à leur premier baiser. Celui près de l'écurie, qu'il lui avait volé, ne se connaissant que depuis quelques heures, tout au plus. Il se souvenait de ce qu'il lui avait alors dit. Il ne voulait pas épouser une étrangère. Il avait voulu défier sa mère, il avait voulu être honnête, sincère... C'était peut-être la seule chose sincère qu'il avait accompli depuis ce jour. Il souleva l'anneau pour le porter au niveau de son regard, dévoilant alors le petit tatouage. Ev'... Eveline, pourquoi lui faisait-il tant de mal?

Le jour vint où les humains durent quitter le hangar pour se faire parquer dehors. C'était le jour où les machines désinfectaient les couches. Tas de boulons sensibles aux poux et aux tiques. Tant mieux, cela ferait prendre un peu d'air à Eveline, malgré le soleil brûlant de l'après-midi. Roman l'emporta alors dans ses bras, toute cassée qu'elle était et l'entraina dehors. Ce qui était certain, c'était bien que demain, il devrait retourner à la mine, les machines ne lui laisseraient pas le choix. Il se dit alors que c'était peut-être la dernière fois qu'ils seront ensemble, après tout, elle avait essayé plus d'une fois à retourner vers les machines, une fois qu'il sera à la mine, il ne pourra plus la retenir. Alors la déposant à terre, dans un coin d'ombre, il s'assit près d'elle, jouant avec l'anneau. C'était fini?
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Jeu 10 Fév - 18:04

Parler n’avait servi qu’a infliger des blessures plus douloureux que les anciens… Parler ne ressoudait rien. Le pourquoi et le comment il lui avait pu lui faire ca… non elle ne voulait même plus essayer de le comprendre. Elle voulait pas avoir d’autres réponses, ca lui ferait que du mal. La lumière du jour lui fit mal aux yeux, mais après un certain temps ses yeux commençaient à s’adapter. La chaleur du jour, la lumière du jour lui fit du bien. Mais elle ne voulait pas que son corps se sente mieux, alors qu’intérieurement ca n’allait pas. Son regard allait vers Roman. Mais qu’est-ce qu’il faisait encore là ? A la fin, qu’est-ce qui lui voulait ? Des questions lui trottaient dans la tête, mais elle ne voulait pas les poser. Parler ne faisait qu’aggraver les choses. Changeant doucement de position, elle portait son regard autour d’elle. Ou est-ce qu’ils étaient ? Son regard s’attardait quelques instants sur les machines avant de se poser sur les survivants pour finalement se poser sur Roman. Elle n’avait pas envie de le regarder, ca faisait trop mal, mais elle ne pouvait s’en empêcher.

Son regard allait vers les mains de Roman, et s’attardait sur le bijou avec lequel il était entrain de jouer. Son souffle se coupait. Elle n’avait pas besoin de tenir l’alliance en main pour la reconnaître. Sa main allait instinctivement vers son cou.. la chaine autour de son cou avait disparut… Puis les souvenirs glissaient de sa mémoire. Elle l’avait jeté à terre, la chaine, l’alliance…. Dans sa douleur, elle n’avait su supporté aucun souvenir de lui. Pourquoi.. Pourquoi est-ce qu’il l’avait en main… pour la faire souffrir plus… la faire revenir encore des souvenirs totalement mesquins et basé sur un mensonge.

« Que... »

Mais non, elle refusait de parler et encore moins dans cette foutu langue d’anglais. Sale traitre, menteur, bourreau.. Non elle refusait de dire quoi ce soit. De toute manière sa gorge lui brulait tellement, elle n’avait pas la force de parler et encore moins l’envie de parler. Elle avait du mal à comprendre que tout… vraiment tout avait été que mensonges… Il n’avait jamais du lui dire les mots, mais elle avait toujours cru savoir qu’il l’aimait, que des mots n’étaient pas nécessaires…. Mais elle s’était trompé. Un sanglot traversa son corps, et elle se mit en boule.

Cette douleur était trop immense pour supporter. Y avait rien à quoi elle pouvait se raccrocher, pas d’anciens souvenirs, pas d’amis, rien… Et elle se détestait. Elle détestait la personne qu’elle avait été, et qu’elle était. Pauvre âme trop romantique… Voila ou cela nous nous emmène quand on veut trop y croire. Quand on est trop stupide de voir la vérité. Elle voulait pleurer, mais tout les larmes que possédait son corps s’était déjà versé. Fixant le sol de ses yeux, elle essayait de faire le vide. Morte… oui morte à l’intérieure… Si elle arrivait à ne plus rien ressentir, à faire disparaître cette douleur… Fantôme… Oui tout sauf cette douleur… Et puis qu’est-ce qu’il foutait encore là ! Près d’elle ! N’avait-il pas fait assez ?! Son regard se tournait brusquement vers lui.

« Verdammt Roman ! Was willst du von mir?

Et puis tant pis! Elle avait toujours été le style à poser trop de questions. Une en plus ne pouvait pas vraiment la faire toucher le fond, car elle venait déjà de toucher le fond depuis bien longtemps. Et ce dernier coup bas de Roman… non elle n’allait pas s’en remettre la tête haute. Il n’y avait plus aucune raison pour elle de survivre tout ca. Aucune… rien. Mais elle voulait savoir pourquoi il l’avait empêché à plusieurs reprises d’aller botter les fesses de ses machines. Qu’elle meurt aujourd’hui ou dans une semaine, cela ne devait rien changer pour lui. Et pourquoi l’avoir embrassé ? En mémoire du bon vieux temps ? Pour prendre un peu de plaisir ? Pour la faire souffrir encore plus ? Qu’est-ce qu’il voulait à la fin ! Elle avait utilisé un gros mot avant de prononcer son prénom. Chose qu’elle n’avait jamais fait, c’était pas son style. Mais là… plus rien importait.
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Jeu 10 Fév - 19:59

- Tu n'as jamais posé la bonne question, Ev'...

Il ne s'était pas tourné vers elle, il était toujours assis par terre, les bras sur les genoux, le dos courbé, les mains liées par cet anneau qu'il tournait et tournait sans cesse, comme une roue dorée. Sa voix était lasse, fatiguée de devoir toujours parlé, des sous-entendus, des non-dits qui les séparaient. Il voulait bien tout lui dire, ce qu'il pensait, ce qu'il espérait, ce dont il avait vécu, pendant ces dix ans de séparation, il voulait lui dire à quel point il l'aimait, mais jamais, jamais le son ne voulait quitter ses cordes vocales, toutes ses douleurs restaient muettes, à l'intérieur de lui. Trop fier, ça il l'était, il le savait, il avait toujours tout méprisé, jusqu'à sa famille. Tout sauf Eveline. Elle avait été un ange. Son ange, mais il n'avait jamais réussi à le lui dire. Est-ce que tout aurait mieux tourné s'il le lui avait dit? Il ne savait pas. Le mal était fait, qu'il le veuille ou non, il ne pouvait plus faire machine arrière. Mais il n'arrivait toujours pas à être suffisamment courageux pour lui avouer tout cela. Alors il jouait avec l'anneau, se répétait sans cesse qu'il l'aimait et que tant pis si elle le détestait. Tant pis, c'était mieux que rien. Dix ans à imaginer cela. Et maintenant que ce rêve devenait vraiment réalité, il avait mal, terriblement mal. Il allait la perdre, oui, oh, même mieux, il l'avait déjà perdu. De la manière dont elle l'avait accueilli dans les cachots, par ses coups, par ses baisers. Un baiser pour raviver son espoir, un coup pour détruire sa flamme, sa lumière. Il n'attendait plus rien d'Eveline si ce n'était que des reproches. Elle l'avait insulté en allemand, il comprenait également le poids de ses mots, de sa langue alors il avait répondu dans cette même langue qui était difficile pour lui. Non, elle n'avait jamais posé les bonnes questions. Mais qu'importe, tripatouillant toujours l'anneau entre ses mains, il avait l'esprit plus reposé, à croire qu'il restait en Eveline quelque chose qui le calmait, qui parvenait à le faire réagir. Un engin motorisé et volant passa juste au dessus d'eux, envoyant de la poussière partout, Roman ne bougea pas d'un pouce et attendit que ce dernier ne parte pour reprendre la parole, toujours dans la langue d'Eveline.

- Dans cet avion qui nous emportait vers un ciel plus clément, je me suis demandé quel était le plus beau cadeau qu'on puisse faire à un imbécile comme moi? La réponse... je ne l'ai compris que bien plus tard, au moment de signer ces papiers qui nous séparaient. Mais aujourd'hui, je n'ai plus le droit à ton sourire, à ta main dans la mienne, à ton coeur contre le mien. Ce cadeau, dans cet avion, je l'avais déjà et elle venait tout juste de dire oui.

Roman n'avait que murmuré ses paroles, regardant toujours le bout de métal doré qui signifiait tant pour lui. Il finit par le prendre dans son poing et serrer fortement, comme s'il avait peut qu'il ne s'échappe. Le regard toujours absent, entre son nez et le sol, il continua en allemand.

- J'ai du te dire au moins 1000 fois "je t'aime", mais je ne t'ai jamais demandé "pardon"...
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Jeu 10 Fév - 20:46

“Peut-être parce que j’ai pas envie d’avoir la réponse à cette question-là… Après toutes les réponses que tu m’as donné… faut dire que je ne suis plus très tenté d’entendre d’autres de ces réponses douloureuses.”

Toute vérité n’était pas bonne à savoir… Oh qu’est-ce que cela pouvait être vrai. Peut-être qu’au fond elle aurait voulu vivre dans un mensonge, oui, peut-être qu’elle avait su au fond d’elle qu’il ne l’aimait pas. Comment pouvait-il l’aimer et la frapper si violement en même temps ? Oui, au fond elle avait du le savoir, mais avait du vouloir vivre dans ce mensonge, sachant ce que la vérité allait lui faire. Sachant que cela allait lui briser à tout jamais. Mais voila, après tant d’années de séparation, elle avait cru être assez forte pour faire face à la vérité. Etre assez forte pour ne plus l’aimer. Mais entre l’amour et la haine, l’amour avait quand même triomphé dans son cœur… Cœur qui aujourd’hui était vide de tout sentiment à part la douleur. Elle l’écoutait sans dire un mot. Ses paroles auraient du la toucher, et quelque part, cela la touchait, mais cela n’apaisait pas sa souffrance. C’est vrai qu’il l’avait eu.. et le pire… était surement que même après le divorce son cœur lui avait encore appartenu.

« C’est vrai que tu m’as eu… et même après le divorce je te suis resté fidèle… comme la parfaite des idiotes. Malgré le mal et la haine qui habitait mon cœur, j’ai pas su m’empêcher de t’aimer. Et ce que tu portes en main-là… »

Eveline portait un court instant sur regard sur l’alliance avant de défier son regard vers le ciel, fermant les yeux, car c’était pas facile de parler. Elle n’en avait pas envie, ni la force. Mais maintenant qu’ils étaient lancés. Peut-être qu’après il pouvait la laisser seule, et ne plus intervenir dans sa sentence de mort.

« Je comprend pas pourquoi tu le sers si fort dans ta main. Ce n’est qu’un contrat pour toi, un trophée de plus à ton bras…. Je l’ai gardé pour avoir un souvenir de toi… Mais maintenant, j’ai loin d’avoir envie de me souvenir de tout les mensonges. »

Pardon… Des milles pardons et des mille je t’aime n’effacerait pas ce qu’elle ressentait au fond d’elle. Et puis à quoi bon d’entendre un pardon de la bouche de Roman. Secouant doucement la tête, elle était fatigué.

« Un pardon ne change rien, Roman. Pour demander du pardon, il faut le penser et avoir des sentiments. Et après ce que j’ai entendu sortir de ta bouche, je ne suis plus sure que tu en as. »

Comment on pouvait dire des choses pareilles ? Comment il avait pu la regarder si froidement ? Il devait pas avoir de cœur. Il devait ressembler plus à sa mère qu’elle l’aurait cru. Cruel, froid, distant, et sans pitié, même pas envers elle. Stupide d’avoir cru la différence. S’allongeant doucement sur le sol, fixant toujours les nuages. Eveline continuait dans sa langue maternelle. Qu’il ai du mal à la comprendre ou pas, peu importe.

« Pourquoi m’avoir embrassé, avoir demandé de me battre, d’avoir demandé dans les cachots de tout reprendre… Alors qu’au fond tu ne m’a jamais réellement aimer ? »

Eveline était persuadé des paroles qu’il lui avait dit dans le hangar, comment aurait-il pu mentir là-dessus ?



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Roman McLowly
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Jeu 10 Fév - 21:29

A vrai dire, Roman n'écoutait pas, c'était terrible à dire, mais son esprit était fixé sur ce qu'il venait de dire. Mille "je t'aime", oui peut-être qu'il les lui avait dit, peut-être pas. Il n'avait pas compté, il n'avait jamais compté, car il n'avait jamais été capable à le lui dire. "Je t'aime", qu'est-ce que cela pouvait être difficile à dire, pourtant, ce n'était que deux syllabes, mais c'était un sentiment mis à nu, découvert, sans aucune once de fierté, dans les "je t'aime", il y avait de la timidité, de la délicatesse, de la fragilité, tout l'inverse de ce qu'il avait été. Il n'était pas sensible, il n'était pas timide et il n'était certainement pas fragile. Foutue fierté qui foutait bien la merde. Il en avait assez de tout cela. Il voulait mettre un point final à cette querelle, il en avait assez de se battre pour des mots, pour un simple passé qu'il fallait oublié. Mais un "pardon", est-ce qu'il lui avait déjà dit? Non, jamais, et pourtant, il avait très certainement eu plus l'occasion de demander pardon, que les "je t'aime", non? Oui, mais pardon était encore plus difficile de demander pardon qu'un je t'aime. Pourquoi c'était si difficile. Il entendait la voix d'Eveline, mais il n'écoutait pas. Sa voix en allemand était plus franche, plus directe, plus froide. Elle le détestait tant alors? Il avait coupé les ponts, non? Mais il se rendait compte qu'il avait fait une bonne connerie, une fois de plus. Il jouait encore et encore avec cette alliance, puis finis par la serrer le plus fort qu'il put dans sa main.

- Je t'ai dit ce que tu voulais entendre. C'est toi qui m'a dit que tu me détestais, que je ne devais plus m'approcher, que tu savais, que tu étais persuadée que je ne t'aimais pas. Dire le contraire aurait été absurde non? T'aurais pensé quoi? Que je cherchais à te faire du mal, encore plus? Après ce que je t'ai fait? Comment justifier le fait que je t'aime plus que ma raison l'ordonne, je n'ai aucune excuse, aucun plaidoyer en ma faveur. Tu étais si sûre, si haineuse que je n'ai pas eu le choix. Tu n'as entendu que ce que tu voulais entendre...

A nouveau, le tout en allemand. Oui, il avait progressé, oui, il s'était appliqué et non, il ne la regardait toujours pas. Roman avait à nouveau ouvert la main et jouait une fois de plus avec l'anneau d'or, son regard toujours perdu. Il n'avait pas bougé le moins du monde. Cette petite chose signifiait tellement, pourtant ce n'était que de l'or fondu que l'on passait à un doigt pour enfin dire oui. Oui. Elle était magnifique dans sa robe blanche, un ange de douceur. Ce n'était plus elle, là, allongée, par terre. Elle était devenue noire, acide, piquante. Ce n'était pas beau de devenir quelqu'un comme lui. Ce n'était pas beau du tout.

- Je ne te retiendrais plus, Ev'... Celle qui m'a dit oui... Même si ce n'était qu'une façade, comme tu dis, c'était elle que j'aimais... Aujourd'hui, tout ce que je peux voir en elle, c'est une inconnue, avec des œillères et de la haine...

Il lui tendit l'anneau.

- C'est à toi... J'ai déjà quelque chose pour me souvenir de mon Eveline.
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Jeu 10 Fév - 22:12

QUOI !!!??!! Ses yeux se tournaient rapidement vers Roman, remplit de haine et de souffrance. Comment il avait pu. Et comment il arrivait encore et encore à être si froid et plein de fierté. Car oh oui, Roman n’avait rien perdu de sa fierté. Rien qu’à l’entendre parler, et le fait qu’il n’osait toujours pas demander pardon, ou encore dire qu’il aimait… Quoi que si… là il venait bien d’avouer qu’il l’aimait non ? Enfin telle n’était pas la question. La main d’Eveline allait plus vite que ses pensées et elle le giflait. Chose qu’elle aurait du faire des années.

« Comment t’as pu… Je suis venue près de toi pour te demander de l’aide, pour combattre avec moi, pour essayer de te pardonner. Comme tu m’avais demandé dans le cachot en allemand… Pour essayer de mettre le passé derrière nous… Mais toi, qu’est-ce que tu as décidé de faire… d’enfoncer encore le couteau plus loin dans la plaie… Comment t’as pu faire ca, Roman…. »

Comment peut-on être si aveugle que ca. Comment peut-on être si fière que ca. Comment peut-on avoir tellement envie de repousser celle qu’on prétend aimer plus que notre raison l’ordonne. Car c’était ca qu’il venait bien de dire non. Elle n’était plus l’Eveline qu’il avait connu… Pauvre idiot… Il voyait vraiment pas plus loin que son nez. Elle secouait la tête, mais ne répondit pas. Elle l’avait tenu dans ses bras, supplié de ne pas l’abandonner et encore par la suite, elle était venue le voir pour parler, pour lui demander de l’aider. Si c’était pas elle, alors elle ne sait pas qui il s’attendait de voir. Peut-être une princesse avec l’accent allemand et le sourire et un regard hautain envers les gens qui les entourait. Et bien celle là, elle ne l’était plus du tout. Si il s’attendait à une telle Eveline il pouvait l’oublier. Son regard se posait sur la bague que Roman lui tendit.

« Non je ne la veux pas. La prochaine fois que j’accepterais une telle chose c’est d’un homme qui m’aime et qui n’a pas peur de me demander pardonner pour ses fautes. Et quelqu’un qui veut tenir tête à ses machines et d’aider ces gens. Quelqu’un à qui je peux faire confiance. Mais si tu sais pas être cette homme-là, alors je ne veux plus jamais revoir cette alliance de ma vie. »

Cruelle ? pas réellement. Ce n’était que la stricte vérité. Il venait bien de dire qu’il aimait Eveline, mais l’ancienne Eveline. Et si ses mensonges ne l’avait pas détruit si profondément, ces paroles l’auraient touchés et fait du mal. Car elle n’avait pas réellement changé, elle était toujours amoureuse de lui et avait toujours besoin de lui. Mais si il n’était pas assez intelligent pour voir ca. Et si il n’était pas assez fort pour se battre, alors peut-être est-ce que c’était mieux de mettre un terme à toute cette histoire une bonne fois pour toi. Eveline se relevait doucement, difficilement, mais trop têtue pour admettre qu’elle souffrait.

« Je ne te demande rien, Roman. Si tu veux pas te reprendre en main, c’est ton choix. Je sais que le Roman que j’ai aimé et que j’aime toujours, celui sans alcool, celui que tu étais avant de te démolir intérieurement, est quelque part en fond de toi. Mais je n’ai plus envie d’attendre cette homme là. Parce qu’attendre après toi, c’est comme attendre après la pluie dans une telle sécheresse. Inutile et désappointant. »

Ca faisait mal. Très mal, car la seule chose qu’elle voulait c’était qu’il la prenne dans ses bras et qu’il lui dise que tout allait bien se passer. Mais c’était encore un de ces rêves inutiles et désappointant et elle avait marre de tout ca. Elle se retournait, pas très sure d’être capable de marcher, mais à quoi bon rester ici ? Elle lui avait tout dit. C’était à lui de savoir ce qu’il voulait. Il voulait vivre dans la culpabilité tout le temps et l’oublier ? Alors qu’il reste là et que c’était donc la fin.
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Jeu 10 Fév - 23:22

Il subit la gifle sans répondre, laissant sa tête partir sur le côté, la peau rougissant légèrement. Comment avait-il pu? Il avait pu, comme elle l'avait fait. Elle lui avait sauté dans les bras, repoussé, câliné, battu, lui avait dit qu'elle l'aimait et maintenant, elle le giflait une fois de plus. A croire que c'était elle qui ne savait plus. Il ne répondit pas, restant parfaitement immobile. Il lui avait dit d'oublier, oui, mais elle était venu le chercher à nouveau, lui retourner le couteau dans la plaie, alors il était venue la chercher, tout de même. Non, définitivement, c'était elle qui n'allait pas bien. Il avait fait des efforts, des tout petits d'accord, mais il avait tenté un pas vers elle et à nouveau, tout ce qu'il recevait, c'était une baffe dans la figure. Il n'avait définitivement plus envie de lutter. Il avait essayé, il avait réussi à parler maintenant, mais les paroles d'Eveline le brisait à nouveau. Il pouvait recevoir ça, il était assez fort pour ne pas en souffrir, du moins pas en façade, à l'intérieur, son coeur saignait. C'était donc la dernière fois qu'il portait le regard sur elle? Probablement. Elle ne faisait que de lui tourner le dos. Adieu, Eveline?

Elle n'admettait pas que c'était ce qu'elle avait voulu entendre. Elle l'avait dit, les mots étaient sorti de sa bouche, elle l'avait dit qu'il ne l'aimait pas. Et maintenant, elle voulait comprendre pourquoi il n'avait pas dit l'inverse? Qui était la fière? Qui ne voyait pas la vérité en face. Mais au lieu de lui dire, il garda la bouche scellée. Il était fatigué de cela, il n'avait pas envie d'élever la voix, pas envie de jouer à qui aura raison. Elle avait son opinion, elle ne reculerait pas devant ses tords. Non, c'en était réellement fini. Elle refusa la bague et il plia le bras, gardant la bague. Les mots qui suivirent étaient blessants, mais encore une fois, il encaissa et comprit qu'il ne serait jamais cet homme-là. Combattre les machines, non, ça n'était pas pour lui, pas cassé comme il était, pas défaitiste comme il était, il ne pouvait pas demander pardon pour une faute impardonnable, il s'était excusé à sa manière, mais elle n'avait rien vu. Il ne voulait que son bonheur, mais le coeur d'Eveline était dur comme de la pierre et jamais il ne pourrait lui redonner un peu de chaleur. Adieu, Eveline.

Se reprendre en main? Oui, après tout il était un grand garçon, après tout, il avait survécu pendant dix ans, tout seul, comme un adulte responsable. Mais ces derniers mois dans les prisons d'Arès avaient fini par le détruire psychologiquement, il ne voulait plus survivre, il n'attendait que la mort, il était fatigué. Elle ne lui laissait aucun choix, que pouvait-il répondre à cela? Croyait-elle que c'était facile de trouver de l'alcool, cela faisait des mois qu'il n'avait pas eu une goutte, malgré ce que la femme-robot-tortionnaire avait dit, il n'aurait pas touché à Eveline pour aucune goutte d'alcool. Il n'avait jamais été dépendant, il s'était juste perdu. Qu'elle voit plus loin dans tout cela. Dix ans de misère changent un homme, mais elle le voyait encore le même. Il avouait qu'il la désirait encore, comme cette jeune femme il y a dix ans, mais elle aussi avait disparu, mais cela, il le voyait. Es-tu aveugle, Eveline? La haine t'empêche de voir. Il en était désolé. Alors, c'était la fin? La fin de la fin? Il ne pouvait lui dire qu'adieu. Adieu, Eveline.

Il se leva à son tour, fixa le dos de la jeune femme. Ce n'était même plus de la haine qu'elle semblait éprouver contre lui, c'était une froideur glaciale, terrible, oppressante et meurtrière. Dans le creux de sa main, il regarda l'anneau. La pluie après la sécheresse... Oui, surement... Mais c'était l'occasion de contempler les plus belles fleurs du désert, colorés, joyeuses, magnifiques... Adieu, Eveline... Adieu... Il fit quelques pas, dans le dos d'Eveline, fourrant la bague dans sa poche... Il l'emporterait avec lui, jusqu'au bout du voyage, jusqu'à la mort s'il le fallait... Il n'avait plus rien à espérer. Adieu... Adieu, Eveline...
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Ven 11 Fév - 0:27

Eveline fermait ses paupières, cachant sa tristesse. Adieu… Même par amour il n’était pas capable d’oublier rien qu’un seul instant sa fierté. Ne voyait-il donc pas qu’elle était faible et fragile ? Elle l’avait toujours été. Naïve et elle croyait si vite ce qu’on lui disait. On aurait pu la malmener si vite, mais Roman avait toujours été là pour la protéger, pour la protéger des gens qui voulaient que leur argent. Mais maintenant même sans cette richesse derrière elle, elle était vulnérable. Il n’aurait fallu qu’une promesse en l’air, un baiser pour ranimer son cœur… Mais non, rien. Sa respiration lui fit mal, mais elle ne bronchait pas. Gardant les yeux fermés pour empêcher les dernières larmes de couler au long de son visage.

Forte… Il avait dit qu’elle l’avait été. Mais elle n’en était pas persuadé. Les femmes fortes ne sont pas aussi vite brisés à l’intérieure, elle se jeté pas sur les machines pour se suicider, elles trouvent le courage d’affronter leur douleur. Et surtout les femmes fortes ne se précipitaient pas vers leurs ex’s comme une bouée de sauvetage. Comme elle était entrain de faire en ce moment même. Elle venait de se retourner vers lui, se postant devant lui et avant qu’il su réellement réagir, Ev’ avait déjà posé ses lèvres sur selles de Roman. L’embrassant avec passion, avec amour, alors qu’une larme glissait doucement sur son visage. Non les femmes avec un caractère de guerrière ne faisaient pas de telles bêtises qui causait le cœur à se suicider. Posant sa main doucement sur le visage de son ancien mari, les larmes qu’elle combattit lui empêchait d’utiliser beaucoup de mots.

« Je t’aime Roman. »

Se détachant doucement de lui, elle baissait les yeux. Elle ne vivait que pour lui, elle le savait. Elle l’aimait si profondément. Mais elle n’avait pas envie de parler et de souffrir sans cesse. Si il voulait mourir ici…Non, elle ne le voulait pas. Une Dolover ne meurt pas dans un trou pareille. Et cela devrait être de même pour un McLowly. Mais il semblait avoir perdu toute dignité. Gardant les yeux baissés, elle lui dit.

« Si.. t’as envie d’être avec moi… tu sais ou me trouver. »

On pouvait lui crever le cœur, elle était prête. Elle voulait s’en dormir pour toujours. Mais elle refusait de mourir ainsi. Non elle voulait au moins avoir une certaine dignité. Elle allait peut-être vivre une vie de fantôme, mais au moins elle pourrait peut-être sauver quelques gens avec sa vie. Car même si elle avait dit ces dernières mots, elle savait qu’il ne viendrait jamais. Attendre la pluie dans cette sècheresse, vous vous en souvenez. Le cœur lourd. Eveline se dirigeait doucement vers un autre coin de ce territoire. Elle savait qu’elle n’allait jamais se remettre. Elle voulait toujours mourir, mais mourir pour une cause qu’au moins sa vie aurait servi à quelque chose.

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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Ven 11 Fév - 0:54

Mais il ne put faire un pas qu'elle s'était déjà retournée. Qu'est-ce qu'elle allait encore lui lancer comme pique, comme giffle glacée? Il était prêt, qu'elle se jette sur lui comme un cobra bouffe une souris. Il s'en fichait bien, peut-être qu'au fond de lui, il attendait un sourire, pour ne pas que tout cela finisse sur un "je te déteste". Il ne voulait pas emporter en enfer le visage fermé, dur et haineux de son ex-femme. Il voulait revoir le sourire d'ange qu'elle avait à de nombreuses fois offert à son regard. A peine eut-il terminé de placer la bague dans le fond de sa poche, l'esprit occupé à toutes ses pensées idiotes qu'il ne remarqua pas la réaction de la jeune femme, cette dernière l'embrassa. Lèvre contre lèvre, coeur contre coeur. Sa main sur sa joue embrasait tout ce qu'il avait cru mort et enterré. Pour la deuxième fois, elle l'avait embrasé ainsi, après dix ans de séparation, dix ans de haine à son encontre. Cela prouvait quoi? Pas grand chose, peut-être un peu plus de mal, mais c'était mieux que rien et il devait s'y raccrocher. Alors il lui rendit la pareil, répondant au baiser par un identique, qui avait trop longtemps attendu et qui finalement pouvait briser les chaines et se laisser aller. Ses mains entourèrent le corps fragile de la jeune femme, comme pour l'empécher de s'évaporer, comme pour être sur et certain qu'elle existait véritablement. Il ne voulait pas croire au rêve, il en avait assez d'espérer et de n'avoir que des grains de sables qui volent au vent.

Je t'aime...

Je t'aime... Cela tomba dans son coeur, comme une pierre dans une rivière, éclaboussant tout son être d'une chaleur indescriptible. Elle le lui avait déjà dit, mais alors sa voix avait été pleine de haine, de rage, de colère, là, elle le lui disait avec pudeur et sincérité. Ce furent des mots qui ne le blessaient pas, mais au contraire, le ravivait. Même s'il savait que tout était perdu, qu'il en était persuadé, convaincu, ces mots ranimèrent quelque chose en lui qu'il croyait abandonné, perdu, inutile. Son coeur loupa un battement pour repartir de plus belle, comme s'il voulait sortir de sa cage thoracique et gambader tout autour de lui, heureux de voir le soleil, cette lumière au bout du tunnel. Quand elle se détacha, sa main vint glisser sur la sienne, capturant cette chaleur, caressant cette douceur. Elle décida de se retirer pour une fois, lentement, mais surement, il la regarda se diriger quelque part, mais elle ne le put pas. Sa main s'était comme soudée à la sienne, les doigts entremélés empéchaient la jeune femme de trop s'éloigner, de le quitter. Non, cette fois, il ne la laisserait pas partir, ils avaient maintes et maintes fois changés d'avis, c'en était trop, c'en était fini. Fini de jouer aux toupies, il la garderait avec lui. Il avait son "je t'aime", honnête, pur. C'était différent. C'était... confortant. Il l'attira à nouveau à lui, lui offrit un nouveau baiser tout aussi passionné, ses doigts toujours prisonniers des siens, l'autre main contre la nuque d'Eveline, du pouce, il essuya cette larme passagère, ce n'était pas le moment aux larmes, il ne voulait pas de pleurs. Les lèvres à peine décolées, refusant de s'éloigner plus, il murmura.

- Verzeihen Sie mir.
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Eveline Dolover
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Ven 11 Fév - 1:42

Tout était perdu… fini… Terminé… Ca faisait atrocement mal. Surtout qu’un dernier baiser avait pour don de la faire souffrir encore plus. Et malgré le fait qu’il lui rendit son baiser, chavirant son cœur. Elle finit par se détacher de lui. Si il pouvait pas être son Roman, elle ne voulait pas de lui, de personne d’autre. Mais la main de Roman serait la sien, et il l’attirait vers lui. Une vague de questions envahissaient le visage d’Ev’, mais elle n’eut pas le temps de se poser des réelles questions qu’il s’était remit à l’embrasser avant de prononcer les mots qui faisait basculer son être.

Pardonner… Le pouvait-elle? Ce n’était jamais facile de pardonner, surtout lorsqu’il y avait des blessures si profondes. Mais pardonner.. oui, elle pourrait lui pardonner, oublier ? non elle ne le pouvait pas. Et elle aurait surement toujours peur de ce qui risquait d’arriver si il touchait à l’alcool. Mais le pardonner, ca elle pensait peut-être bien en être capable. C’était dans sa nature. Elle était boudeuse et pouvait en vouloir plusieurs jours à des personnes, mais au final elle arrivait à pardonner les gens. Ce qui comptait c’était qu’il l’avait finit par lui dire, par le lui demander vraiment et non dans une phrase masqué. Et rien que pour cela elle pourrait déjà lui pardonner toute atrocité. En signe de réponse, elle posait ses lèvres à nouveau sur les siennes, l’embrassant doucement mais certainement. Qu’est-ce que ca faisait du bien de l’avoir si près d’elle, de le revoir enfin… comme dans ses plus beaux souvenirs. Elle fermait les yeux, et cachait sa tête dans le creu de la nuque de Roman.

« Oh mon amour, je suis si contente de te retrouver. »

Les retrouvailles auraient du se passer ainsi. C’était ainsi que cela aurait du se passer et non avec des cris, des hurlements, des pleurs et des gifles. Mais les années les avaient éloignés, et il semblait qu’il fallait détruire plusieurs murs pour qu’ils puissent se retrouver vraiment. Restant dans ses bras, elle voulait rester ainsi une éternité. Levant son regard vers Roman.

« Promets-moi de ne jamais plus me mentir. »

Oui, assez de mensonges. Elle en avait eu assez pour toute sa vie, même si sa vie risquait d’être très courte dans ces camps. Mais quoi qu’il en soit, elle avait entendu assez de mensonges, assez de mots horribles. Elle ne voulait plus qu’il la mente, même si c’était ce qu’elle disait vouloir entendre ou penser. Plus de mensonges entre eux. C’était fini. Passant doucement sa main dans la chevelure de son ex mari, elle posait son front contre le sien, fermant les yeux. Etrange comme toute douleur semblait s’effacer de son corps. La cause et le remède contre la douleur semblait être la même chose : Roman. Ne pouvant pas rester très longtemps debout, elle prit la main de Roman, et s’installait doucement à terre, grimaçant doucement à cause de ses blessures, mais trouvait très vite de l’apaisement en mettant sa tête contre le torse de Roman. Restant silencieuse pendant plusieurs minutes, elle refusait de réfléchir et ne voulait que profiter du moment. Elle avait réfléchit assez comme ca. Néanmoins, un petit sourire lui apparaît sur les lèvres en pensant à Roman. Pensée qu’elle ne tardait pas à partager avec lui.

« Je pense que je ne t’ai jamais entendu parler autant ma langue qu’aujourd’hui. »

Elle sourit. Elle avait trouvé un peu de son bonheur. Car au fond, ca gaité de vivre venait de lui. De pouvoir vivre près de lui. Rien que de sentir son corps, d’entendre sa voix, de le sentir respirer et savoir qu’il l’aimait… lui faisait du bien et cela devait surement se voir sur son visage. Car pour la première fois depuis son arrivée aux camps, elle souriait honnêtement, de bon cœur.
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Roman McLowly
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MessageSujet: Re: La mort est au bout de ce voyage.   Sam 12 Fév - 16:37

Un baiser, cela faisait dix ans qu'il avait attendu, dix ans qu'il avait voulu la serrer dans ses bras, lui demander pardon. C'était comme si pendant dix ans, une pluie avide, crue, froide était tombée sur lui sans jamais le lacher, comme s'il avait été sous son poids pendant toutes ces années. Et là, par ce baiser, c'était l'énorme nuage qui s'éclipsait, la pluie s'arrêtait et il était enfin sous un rayon de soleil. C'était comme un premier baiser, quelque chose qu'on hésitait à faire, qu'on ne savait pas comment s'y prendre et que finalement on fait sans s'en rendre compte. Ce n'était pas n'importe quel baiser, c'était celui d'Eveline, son Eveline, son Ev'. C'était comme si le ciel redevenait parfaitement bleu, comme si la pluie offrait des gouttes de diamants semées sur terre, comme si un vent frais séchait les vêtements et emportait toutes les sombres pensées. C'était la chaleur qui était au rendez-vous, c'était plus beau que tout, plus indescriptibe que la plus belle des descriptions. Il y eut un moment où les émotions, les sentiments se mélèrent, confus, mais si incroyable, une bouffée de renouveau en son corps, un poids immense qui s'étiolait, qui disparaissait, pour ne laisser que la main d'Eveline, douce et délicate sur sa joue, ses lèvres fraiches et brûlantes à la fois sur les siennes. C'était le paradis.

Je t'aime, pardonne-moi...

Elle le lui avait dit avec une timidité qui lui allait si bien, il l'avait murmuré sans en connaître la manière de le dire, mais il avait réussit, car elle reprit le baiser, offrant une nouvelle fois son corps contre le sien. Il était définitivemnt au paradis, il était si bien qu'il se demandait s'il était toujours vivant, la douleur s'était enfuie, la peine s'était dissipée, le mal en son coeur avait disparu. Oui, c'était sûr, il était au paradis. Il ferma les yeux et laissa le front d'Ev' contre lui, fermant lui aussi les yeux. Ah qu'elle était douce cette impression de contentement, cette situation, toute simple et toute banale, comment avait-il pu vivre sans cela pendant si longtemps. Il n'avait fait que survivre, et maintenant, il se demandait combien de temps il pourrait encore survivre sans ce baiser, sans ses lèvres. Il en redemandait encore, avare, volontaire pour rattraper le temps perdu, mais il sut tout de même se tenir. Il avait fait du mal à Eveline, il ne voulait plus la brusquer. La présence d'Eveline tout contre lui, ses paroles dans les oreilles, il s'inquiéta de son sort, combien de temps pourront-ils résister avant que les machines ne leur créent des ennuis? Il ne pouvait pas faire l'impossible, il n'était qu'un homme et même s'il arrivait à mettre à terre UNE machine, il y en avait des milliers dans ce camps. Rah, non, ce n'était pas le moment de penser à cela.

Il inclina la tête, oui, il lui promettait de ne plus mentir, il ne mentait généralement pas, n'avait jamais osé d'aussi gros mensonge que celui qu'il avait dit, sous le coup de la colère, mais il essayerait de ne pas lui mentir maintenant. Il l'accompagna à terre, de toutes manières, ils ne pouvaient toujours pas rentrer dans le hangar, ils ne pouvait qu'attendre tranquillement, pour une fois que les machines les laissaient en paix pendant la journée. Il laissa Eveline contre lui, sa main autour de ses épaules, l'autre l'aidant à se tenir en équilibre au sol. Elle tourna la tête vers lui et ses mots attirèrent un petit sourire sur les lèvres de Roman.

- Je t'ai beaucoup parlé en allemand, dans ma tête...

Il leva le regard aux cieux. Définitivement bleu, pas un nuage à l'horizon, peut-être qu'au final... La mort n'était pas au bout du voyage...

FIN
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La mort est au bout de ce voyage.
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